Karim JELATAT : du Sport de Haut Niveau à la Direction d’Entreprise Internationale

Rencontre avec Karim JELATAT,  General Manager, Figaro Classieds en charge de la stratégie du développement des marques Cadremploi, Keljob, ChooseYourJob, CVaden et FigaroRecruteurPerf. « Je suis convaincu que les Sportifs de Haut Niveau peuvent apporter énormément de valeur à l’entreprise ! « 

Karim, Enfant vous êtes passionné d’arts martiaux, votre pratique vous mène au plus haut niveau ?

« J’ai grandi en banlieue aux Ulis. Enfant, je suis passionné d’arts martiaux. Pour canaliser mon énergie débordante, à 5 ans, mon père m’inscrit au club de sport des Ulis en section karaté. On pouvait y pratiquait différents sports (karaté, ahtlétismte, football, rugby, natation, basket ball,etc..). Je découvre le taekwondo.  Et tout de suite, j’accroche ! A l’époque, je n’étais pas attiré par le foot. Pour l’anecdote, au club, je cotoies Patrice Evra. J’ignorais qu’il ferai une si belle carrière. A l’adolescence, j’abandonne. J’essaie d’autres sports : le football, l’athlétisme, le rugby mais je n’accroche pas. A 14 ans, je reviens au  taekwondo à fond jusqu’au Sport de Haut Niveau. Je m’investis sans compter. J’intègre très vite l’INSEP, le Pôle France à Aix en Provence.  En même temps, je suis un parcours d’études dans la filière sport. Et j’obtiens une Licence en STAPS (science et technique des activités physiques et sportives). » 

Vice Champion de France à 20 ans, votre palmarès est brillant ! Le Sport de Haut Niveau, c’est aussi une histoire de famille  ?

« Triple Champion de France (2002,2005 et 2006), Vice-Champion d’Europe par équipe à 2 reprises (2004 et 2006), 4ème des championnants du monde (2003), à force de travail, j’enchaîne les victoires. Je sais que rien n’est gratuit qu’il faut s’investir pour réussir.  J’ai la chance de vivre une aventure olympique les Jeux de Pekin en 2008. La culture du Sport de Haut Niveau fait partie de mon éducation, de mon héritage. Mon père est un ancien athlète de haut niveau. Il était coureur de fond en Algérie. Il a fait du sport très tôt. Quand il gagnait des compétitions, il gagnait aussi des bons d’achats. Il aidait sa famille pour acheter des fournitures pour l’école pour ses frères et soeurs,  de la nourriture. J’ai appris beaucoup des expériences de mon père. Arrivé en France, mon père crée son entreprise dans le bâtiment. J’allais avec lui sur les chantiers. Il nous transmettait les valeurs du travail, le goût de l’effort et du travail bien fait. J’étais toujours fier de mon travail. »

Après 10 ans de Sport de Haut Niveau, vous engagez une recherche d’emploi. Vous vous heurtez aux pratiques de recutement qui survalorisent les diplômes, les filières de qualification ? 

« En effet, j’arrive sur le marché du travail en 2002 après 10 ans de Sport de Haut Niveau, comme un jeune diplômé sans accompagnement spécifique. Je suis vite confronter à la réalité d’une recherche d’emploi. J’envoie plus de mille candidatures sans réponse. Mais je suis tenace, déterminé, ambitieux. Je n’hésite pas à aller demander des entretiens directement sur place, dans les entreprises. Je me heurte aux spécificités du marché de l’emploi français : une survaloriation des diplômes, des qualifications demandées. Mais je refuse de laisser tomber, je ne lâche rien ! »

Un recruteur vous fait confiance et vous débutez votre carrière chez Monster comme télévendeur puis Directeur des Ventes ! Vous vous engagez à fond comme dans le sport pour performer avec brio et évoluer très vite. 

« A chaque rencontre ou entretien, j’explique mon projet, mon parcours de Sportif de Haut Niveau, les perfomances réalisées, mes réussites et les compétences que je pourrais mobiliser pour réussir dans mon travail. J’enchaîne les petits boulots chez Décathlon mais j’aspirais à mieux, j’avais envie de créer une vie de famillle. Finalement, je démarre ma carrière professionnelle en 2003 chez Monster en tant que télévendeur avant de devenir Directeur des Ventes du site en 2008. Il fallait juste me donner ma chance, je voulais trouver un nouveau terrain d’expression, très vite j’ai mesuré les similitudes avec le sport dans l’approche pour réusssir avec méthode. »

Malgré ces premières réussites, vous avez été confronté au plafond de verre le manque de diplôme. 

« En 2014, je suis recruté par Indeed, afin de développer leur présence sur le marché français. Je suis ensuite promu au poste de « Global Account Director EMEA » en 2017. Mais je suis en quelque sorte toujours confronté au plafond de verre, le manque d’un diplôme qui m’apporterait un plus pour contineur à  évoluer professionnellement. En 2018, je saute le pas et décide préparer un MBA que j’obtiens en 2019. Depuis septembre 2020, General Manager chez Figaro Classfields, ma première collaboration pour une entreprise française, un nouvau défi. Certes c’est une belle évolution mais je suis un éternel insatisfait, c’est mon moteur pour avancer ! »

Aujourd’hui, titulaire d’un MBA, vous restez convaincu que le management ne s’apprend pas. Il faut avant tout être humain. Vous faites d’ailleurs la comparaison avec le sport.

« Les réussites sont avant tout le fruit d’un travail collectif. Il faut être vrai, humain avec ses équipes. Savoir communiquer, célébrer les réussites mais aussi accompagner pour toujours faire mieux comme dans le sport. J’ai souvent choqué mes patrons en affirmant que les résultats sont secondaires, pour moi l’humain est prioritaire. L’équipe est le principal facteur de performance. Si vous prenez  le temps avec les équipes, l’engagement est plus fort. Il faut trouver la juste mesure. Les entreprises sont composées de personnalités prêtes à mobiliser leurs talents pour réussir  à condition que les objectifs soient clairs. Dans la relation avec nos clients, l’humain est aussi essentiel. Dans le cadre de relations commerciales ou partenariales que je construis avec mes clients,  je mesure de la même façon qu’il est essentiel de comprendre la personne que j’ai en face de moi. Comment je peux l’aider, la conforter dans ses décisions, l’aider à faire des choix. »

Selon vous, les sportifs de Haut Niveau peuvent apporter énormément de valeur à l’entreprise. Ils ont les soft skills essentiels.

« Les sportifs ont aujourd’hui des talents déterminants pour réusssir dans l’entreprises : la détermination, l’engagement, la capacité à toujours se remettre en question pour innover et performer, la résilience.  Dans le moment que nous vivons, ces qualités sont primordiales dans un temps où nous faisons face à une crise impactant nos modèles, où le monde se digitalise à vitesse grand V, où il nous faut innover,  se remettre en question, s’adapter en permanence, se renouveler ! Le parallèlle avec le sportif de Haut Niveau qui en permanence se remet en question, innove pour performer est évident. »

A votre tour, vous vous engagez en créant une association Au bout de mes rêves, pour lutter contre les discriminations qui touchent doublement les Sportifs de Haut Niveau en situation de handicap.

« Je suis convaincu qu’il faut faire bouger les lignes, les mentalités doivent évoluer pour  les sportifs de haut niveau amis aussi pour les personnes en situation de handicap, la place de femmes dans les entreprises. J’ai décidé de m’engager en créant l’association Au bout de mes rêves. Notre ambition aider les  SHN en situation de handicap à réussir leurs projets sportifs et professionnels. C’est inacceptable, ils subissent pour certains la double peine : de grandes difficultés à accéder au Haut Niveau et de grandes difficultés à accéder au marché du travail. »

Un grand merci Karim JELATAT pour cet interview authentique ! 🙌💪