Julian KERMARREC, se reconvertir en capitalisant sur l’expérience du Sport de Haut Niveau.

Marie-Pierre Crublet, Fondatrice de We Change Up « Julian, Aujourd’hui, vous êtes champion de France de Judo. Quel a été votre 1er contact avec cette discipline ? » 

Julian Kermarrec « A 4 ans, un médecin conseille à mes parents de m’inscrire au Judo ! Un sport idéal selon lui pour canaliser mon énergie débordante… J’étais un enfant hyperactif qui ne tenait pas en place. Ma mère m’inscrit au club de ma ville. Très vite, le côté martial du Judo me plaît : le respect et le salut de l’adversaire, le Kimono…Je prends goût au combat, au contact.  Me confronter à l’autre, le plaisir de battre les plus costauds et les plus âgés. Je me découvre un goût pour la compétition… »

MPC « Du sport plaisir, vous atteignez le haut niveau et intégrez l’équipe de France. Vous faites des choix importants et anticipez l’avenir, racontez nous ? » 

JK «  J’ai du faire des choix très tôt. Pendant plus de 10 ans, je pratique  dans le club de ma ville Carantec dans le Finistère. A 14 ans, j’ai l’opportunité de rentrer en Sport Etudes au Pôle Espoirs à Rennes. Je fais mon premier choix. Je n’étais pas le plus talentueux. J’étais besogneux avec une envie farouche de réussir et j’aimais vraiment cette discipline !

En 2009, j’ai l’opportunité de partir à Paris. J’intègre donc l’Institut National de Judo. Une formidable occasion de m’entraîner au plus près de l’Equipe de France. Ce choix a été déterminant dans ma carrière. En 2 ans, je fais des progrès et je décroche une 1ère médaille en championnat de France qui m’ouvre une carrière au plus haut niveau. J’intègre alors l’INSEP…C’était en 2012. Curieusement, je réalise mon plus beau palmarès pendant mon parcours d’études  (5ème au championnat d’Europe par équipe en 2016, Champion de France 1ère division par équipe en 2016 et 2017, Champion de France 1ère division 2018).

En intégrant l’Institut de Judo, la Fédération de Judo m’accompagne dans mon parcours de formation professionnelle. Contrairement à certaines disciplines,  je n’ai jamais bénéficié d’aménagements d’études.  J’avais un objectif en tête devenir un jour préparateur mental. Alors je n’ai rien lâché.  J’ai obtenu mon Brevet d’Etat d’éducateur sportif, puis mon Brevet Professionnel d’éducateur jeunesse avec une spécialité activités sportives. Je voulais aller le plus loin possible dans les études pour concrétiser mon projet !  En 2018, j’obtiens une maîtrise « Entraînement et Optimisation de la performance sportive ». Et, je ressens le besoin de passer à autre chose, l’envie de m’investir dans d’autres projets. »

MPC «  Vous  réussissez à concrétiser vos projets professionnels en capitalisant sur votre expérience de sportif de haut niveau. Comment ? » 

JK « Très tôt, j’avais identifié les soft skills des sportifs de haut niveau comme des qualités clés pour rebondir en entreprise… Notre capacité à se remettre en question, à ne rien lâcher, à être focus sur l’objectif, notre capacité d’adaptation,  notre résilience. J’ai aussi eu la chance avec le sport de rencontrer différentes sphères professionnelles, de développer un réseau professionnel. 

Quand, je décide d’arrêter et de quitter l’INSEP en 2018, cela voulait dire entrer rapidement dans la vie active. Au début, j’ai cherché seul mais rien de concret.  Grâce au monde du sport et par jeu de réseau, j’ai l’opportunité de rencontrer Laurent Piepszownik, le PDG du Groupe Umanis, leader français des solutions métiers data-oriented. Il me fait confiance et m’embauche comme consultant en Ressources Humaines. Il avait déjà l’expérience du recrutement de sportifs et identifié certaines qualités personnelles clés des sportifs. 

Mon job en tant que consultant RH : recruter les futurs collaborateurs dans les métiers du digital. J’ai appris mon métier essentiellement sur le terrain au contact des équipes. J’ai du m’adapter très rapidement, savoir me remettre en question comme dans le sport !  Je me suis éclaté car il s’agissait aussi de repérer des potentiels, d’identifier des soft skills…un lien avec les métiers de l’accompagnement, du coaching.»

MPC « En entreprise, vous découvrez les méthodes agiles et le métier de consultant. »

JK « Je découvre les méthodes agiles dans le secteur du numérique. Et l’approche me plaît, me correspond, beaucoup de bon sens finalement et de compétences humaines. Laisser plus d’autonomie aux équipes, être réactif, prendre des décisions au plus près du terrain pour performer, garder en ligne de mire la satisfaction de nos clients !  Finalement, cette approche me permet de mobiliser les qualités que j’ai développées dans le sport. Aujourd’hui, je suis Consultant Agile. Mon job :  auditer les pratiques, rituels et organisation des équipes et identifier les éventuels points de blocage, participer à l’amélioration continue des pratiques.  Je retrouve la posture du sportif à la recherche permanente de l’amélioration de ses performances ! 

Parallèlement, j’ai continué à me former. Je viens d’ailleurs d’obtenir un Diplôme Universitaire  « Préparation mentale et Techniques d’optimisation des potentiels », complétée par une certification de Coach Agile.

Je démarre une nouvelle aventure professionnelle dans des fonctions dédiées à l’agilité et l’innovation managériale chez Astrakhan.  Et, en relation avec mon ancien club de Judo, je commence à développer mes activités de préparateur mental. Je m’approche de mon objectif ! Je garde un lien fort avec le sport ».

MPC « Selon vous, quelles sont les compétences développées dans le sport et  utiles dans le monde de l’entreprise ? »

La connaissance de soi : connaître ses ressources , ses zones de confort et d’inconfort. 

La capacité à gérer les situations stressantes à très forts enjeux, à gérer la pression.

La capacité à se remettre en question pour performer.

Savoir appréhender les situations, s’adapter et s’améliorer.

Etre focus sur les objectifs et ne rien lâcher. »

Un grand merci Julian pour ce partage authentique et sincère !