Apprendre à gérer sa carrière sportive tout en construisant un projet professionnel solide ? Le judoka Dimitri Gomes Tavares s’est confié à nous

Dimitri GOMES TAVARES, Judoka de  29 ans, des titres nationaux, mondiaux… 

Laurent AIMON est allé à sa rencontre pour We Change Up pour comprendre comment il préparait sa reconversion. 

Laurent AIMON (LA) : Dimitri, peut-on revenir sur vos débuts, pourquoi le judo ?

Dimitri GOMES TAVARES (DGT) « Par hasard. Ma mère voulait m’inscrire dans un sport de combat. Et les horaires des clubs étaient compatibles avec l’organisation familiale ! »

LA : A quel moment avez-vous  dû faire un choix entre le Judo et d’autres projets ?

DGT : « Dans ma vie j’ai eu des choix à faire. Je suis passionné de cuisine. A 16 ans,  je décide d’arrêter le Judo pour me consacrer à ma passion : la cuisine. Cela dure plus d’un an et demi mais je ne suis pas satisfait de mes expériences ! Je décide de reprendre activement le Judo. Après  une année à Marseille, Laurent MESEGUER me donne ma chance. J’intègre le club de Sartrouville (Club de haut niveau parisien). C’est à ce moment que tout démarre ! »

LA : Vous quittez l’Ecole avec votre diplôme en poche ?  

DGT : « Oui, je valide un Bac Pro Restauration. Et je m’engage à fond dans le Judo. Durant ma carrière de judoka, j’obtiens d’autres diplômes dans les domaines du Sport et de l’animation. »

DGT : « Ma première médaille en 2012 ! Puis Champion de France 1ère Division en 2014 en poids mi-moyen de 81 kg et une troisième médaille en 2015.  J’ai participé  à plusieurs Coupes d’Europe et du Monde et obtenu des Médailles ».

LA : On peut revenir sur votre carrière sportive et  votre palmarès ?

LA : Vous avez 29 ans. Quelle est la durée d’une carrière de Judoka ? 

DGT : « Elle est  très variable. Certains s’arrêtent à l’âge de 25 ans, d’autres à 35 et plus.»

LA : Au-delà de l’âge, je ne veux pas que vous nous dévoiliez le salaire de Teddy Riner mais quel est le salaire moyen d’un Judoka ?

DGT : « La rémunération est très variable ! Elle dépend des résultats sportifs, des médailles, des titres mondiaux ou olympiques. Pour la majorité des Judokas, elle oscille  entre 1 500 et 2 500 euros, au mieux 3 000 euros. »

LA : Cela signifie, qu’il est crucial d’anticiper pour préparer l’après. Comment on concilie ce temps de réflexion ou de formation avec un planning de Judoka ?

DGT : « Mes semaines sont très chargées avec les entrainements,  les cours que je donne et ma formation Master. Oui, il est impératif d’anticiper ! J’ai un déclic en 2018 à la suite d’une blessure au genou (les ligaments croisés). Je prends conscience que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Je démarre alors un Master 2 en Gestion de Patrimoine. J’obtiens  un aménagement pour suivre le Master sur deux années. Le rythme est dense mais je m’accroche. »

LA : Pourquoi avez-vous choisi un Master en Gestion de Patrimoine ?  

DGT : « En tant que SHN, nous avons très peu de connaissances dans le domaine de la gestion d’actifs financiers. Pourtant nous avons des besoins pour assurer notre carrière ! Grâce à Teddy RINER, je rencontre le directeur de l’Ecole de la Finance, la Financia Bussiness School et je démarre la formation. J’avais vraiment envie de monter un projet dans le sport et d’aider des sportifs. Mon objectif a plus long terme est de créer une entreprise. Avant, je  veux acquérir l’expérience nécessaire, travailler par exemple dans une banque ou un Cabinet de Gestion de Patrimoine. »

LA : Vous aviez d’autres idées ?

DGT : « En fait quand on est dans le sport naturellement on réfléchit à une carrière orientée métiers du sport : Coach, Kiné, etc… Finalement,  on manque un peu de connaissance et d’ouverture sur les métiers qui existentTout dépend alors de sa propre curiosité, de son envie de se documenter pour découvrir les possibilités. »

LA : Vous aviez eu de l’aide pour mener votre réflexion ?

DGT : « La Fédération française de Judo, nous offre la possibilité d’avoir une bourse,  de bénéficier d’un CIP (Contrat d’Insertion Professionnelle) ! Et puis il y a le Pacte de Performance, une fondation présidée par Stéphane NOMIS, un ancien judoka. Elle propose aux sportifs des mises en relation avec des entreprises pour du sponsoring. Stéphane MOMIS, propriétaire de la société Ippon Technologie, a embauché récemment Emilie ANDEOL, judokate et  Championne olympique qui a traversé une période difficile de chômage. Enfin, l’INSEP est un centre de formations axées sur le Sport. L’INSEP prend le sujet de la reconversion très à cœur. Mais, si tu veux développer un projet en dehors du secteur du sport, c’est compliqué. C’est une démarche personnelle à conduire. »

LA : Traversez-vous des moments de doutes pour votre après carrière ?

DGT : « J’ai eu des moments de doute ! Depuis que j’ai décidé de reprendre des études, je suis plus serein. Et,  j’ai encore  de belles ambitions sportives.  On vit des émotions extraordinaires dans le sport, c’est inexplicable ! Je profite à fond du présent tout en préparant l’avenir. »

LA : Avez-vous conseils à délivrer à des jeunes sportifs ?

DGT : « Ne pas lâcher les études, penser vite à la suite, avoir conscience que cela peut vite s’arrêter. Choisir des formations où on prend plaisir. Se concentrer à fond sur sa discipline, tout donner et ANTICIPER ! ».

Nouveau témoignage de sportif des plus intéressants offert par Dimitri GOMES TAVARES pour We Change Up : 

⦿ Anticiper l’après-carrière

⦿ S’ouvrir au marché

⦿ Prendre le temps de découvrir des métiers ou des secteurs, 

⦿ Réfléchir sport et hors sport, 

⦿ Saisir les dispositifs existants pour être accompagné, financer et aménager des études…

Merci Dimitri pour ce bel exemple de reconversion anticipée…

Dimitri prépare des échéances sportives majeures mais il a aussi la volonté de réaliser des stages en entreprises pour continuer à préparer la suite.🤝💫

Banques, Cabinets spécialisés en Gestion de Patrimoine, si vous souhaitez accueillir un stagiaire hors du commun avec une expérience du sport de haut niveau, soyez les bienvenus !!!! 🙂