Carole, Fondatrice d’une école de français à Toronto, nous raconte son expérience d’expatriée et de créatrice d’entreprise au Canada.

Un besoin de sortir de ma zone de confort, de me confronter à l’inconnu !

« Avec mon mari, nous avons décidé de nous expatrier au Canada avec le désir d’un changement de vie, de se sortir de notre zone de confort, de se confronter à l’inconnu, à l’effort. Une leçon de vie pour nos enfants avec l’apprentissage d’une nouvelle langue, l’adaptation à un nouveau système scolaire. Nous avions envie de construire un nouveau projet en famille et découvrir une autre culture. Et j’avais moi même très envie de créer une entreprise autour d’un projet francophone.  »

Mon entreprise : une presschool francophone à Toronto

« En France, j’étais éducatrice de jeunes enfants et je dirigeais des structures de petite enfance. C’est donc tout naturellement que j’ai construit mon projet d’école francophone à partir de mes expériences professionnelles. L’école accueille à ce jour 28 enfants âgés de 2 ans et demi à 6 ans francophone ou non désireux d’apprendre le français. J’emploie actuellement 5 salariés. Les activités ressemblent à celles d’une école maternelle en France avec la touche canadienne. »

La gestion d’une école fait appel à plusieurs compétences tel que l’adaptabilité et la polyvalence.

« En tant que gérante de mon école je suis amenées à être beaucoup sur le terrain. Cela a été le cas notamment au démarrage. La pluralité des tâches est très riche. Cela passe par de la gestion du personnel, des inscriptions des enfants ainsi que les relations avec les partenaires mais aussi de l’accueil des familles et surtout être en règle avec les institutions comme le ministère de l’éducation, le département de la santé, la ville, le département de la petite enfance, … »

S’expatrier et créer une entreprise : un défi positif !

« Je ne dirais pas que le parcours a été simple !  Les difficultés ont été nombreuses, difficiles à toutes les lister. Pour moi, la difficulté principale a été d’ordre financière. Comment faire des prévisions financières et emprunter quand les frais de rénovation du local, par exemple, passent du simple au triple. Il faut savoir s’adapter à un mode de fonctionnement différent de ce que l’on connaît en France. On n’est jamais assez préparé à un monde que l’on ne connaît pas encore. Je veux dire aussi que les bénéfices sont énormes. Mener un projet du début à la fin ne peut être que profitable. Être engagée dans une création d’entreprise, finaliser un projet, faire vivre ce projet, embaucher du personnel, accueillir un public est absolument incroyable. Avoir une vision de ce qu’on veut mettre en place et parvenir à un résultat concret est (presque) un aboutissement ! » 

Une installation longuement préparée, 2 ans avant le grand départ

«  Pour la préparation de notre projet, nous avons pris des renseignements à l’ambassade du Canada à Paris qui organise des sessions d’informations pour les personnes qui souhaitent émigrer. Internet est également une source infinie de renseignements. »

« Pour nous accompagner nous avons également fait appel à une structure d’accompagnement pour les différentes écoles des enfants. Nous nous rendons compte maintenant que cela n’a pas été d’une grande aide. »

Sur place nous avons fait le pari de nous intégrer dans la société canadienne

« Pour cela bien que la communauté française soit assez vaste à Toronto, nous avons choisi de nous intégrer directement au sein de la société canadienne. Reproduire une petite France ne nous intéressait pas. »

Les clés de la réussite : la ténacité, le soutien infaillible de mon entourage et savoir se remettre en question

« Sans aucune hésitation : la motivation, l’envie et la ténacité. L’entourage est un énorme atout aussi. J’ai appris à ne pas compter mes heures, être en mode “action”, se sentir responsable dans les bons et mauvais moments, se poser des questions et y répondre ou tout au moins rechercher les réponses. »

Une expatriation s’est aussi un challenge familial

« Partir à l’étranger n’est pas facile, il faut se préparer psychologiquement à plus de changements que ce que l’on croit. Il faut avoir une bonne connaissance de la culture dans laquelle on décide d’aller vivre et s’accrocher ! Cela fait 8 ans que nous sommes à Toronto maintenant et nous nous sentons chez nous ici. Les enfants ont fait ou font encore leurs études universitaires. Mon mari et moi avons chacun notre activité professionnelle très prenante mais passionnante. Notre “réussite” est passée (et passe encore) par l’acceptation du défi permanent. »

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui engage une reconversion professionnelle et souhaite partir à l’étranger ?

– Se préparer psychologiquement à plus de changements que prévu.

– Avoir une bonne connaissance de la culture : profiter de toutes les solutions pour découvrir la culture du nouveau pays.

– Croire en ses capacités et ses forces et d’aller puiser au fond de soi.

– Valoriser sa singularité professionnelle ce plus qui fera la différence …